Reponse des élus membres du CéDPA du conseil municipal de Bouvron

Des élus membres du CéDPA                                                   Bouvron, le 20 avril 2012
du conseil municipal de
la commune de BOUVRON.

À
Mr Philippe GROSVALET
Président du Conseil Général
de Loire-Atlantique

Monsieur le Président,

Le 12 mars dernier vous avez adressé un courrier aux élus des communautés de communes autour de Notre-Dame des Landes. Par ce courrier vous souhaitiez nous rappeler à la raison en quelque sorte !

Permettez-nous de vous dire qu’en tant que citoyens et élus de zone rurale il est de notre devoir de nous exprimer publiquement et de nous opposer à un projet d’aéroport destructeur dans les domaines économique, écologique, social, environnemental, dans l’intérêt de nos populations qui souhaitent vivre et travailler au pays.

L’étude commandée auprès du cabinet CE Delft (cabinet Néerlandais de renommée internationale) par notre collectif d’élus CéDPA, a permis de découvrir de nombreuses irrégularités, dans les expertises qu’elle a conduites. Les résultats de celles-ci révèlent  des bases de calculs falsifiées lors de l’étude « coûts-avantages » réalisée en 2006 pendant l’enquête publique.
En effet, il semble que les services des porteurs du projet, en charge de ce dossier auraient volontairement augmenté certaines valeurs de façon à faire diminuer nettement les charges et en augmenter  nettement les bénéfices.
Ce projet serait finalement plus coûteux pour la société qu’il ne lui apporterait de bénéfices (étant donné que vous avez confié les profits à l’entreprise VINCI pour une durée minimum de 55 ans).
De plus, la construction d’un nouvel aéroport  pour la région du Grand-Ouest, qui en compte déjà 14, est absolument injustifiée.

Par ailleurs, vous nous demandez en tant qu’élus de prendre nos responsabilités au sujet des évènements déroulés entre le 6 et le 8 mars, au lieu  « Les Ardillères » dans une maison vous appartenant.
Nous condamnons fermement toutes formes de violence, ainsi que toutes dégradations, dès lors qu’elles atteignent des personnes ou des biens publics ou privés.
Permettez –nous simplement d’évoquer  le fait que, dans bien d’autres cas, des logements sont ou ont été inoccupés, pendant parfois plusieurs années et notamment sur la ZAD, de même que des accès aux logements vides ont été supprimés.  N’est-ce pas là une forme de violence ?
Les gens résidant sur la ZAD et occupant des maisons, propriétés du Conseil Général n’ont- ils pas droit au logement comme tout le monde et à un minimum de reconnaissance dans leur différence ?

La répression policière et militaire, menée quotidiennement, dans le bourg de Notre-Dame des Landes, sur les citoyens et sur le terrain, contre les opposants est impressionnante, démesurée et inacceptable ! Elle est à la mesure d’un territoire en Guerre !  Est-ce digne d’une politique de liberté, d’égalité et de fraternité !

Sachez, Monsieur le Président, que nous réfutons toutes expulsions sur le secteur avant que tous les recours déposés en justice ne soient rendus, jugés !

D’autre part vous dites, nous citons :
« Je ne crois pas pour ma part que nos concitoyens, contribuables et électeurs tolèrent très longtemps ces agissements et la légitimation qui leur est donnée. »
A cela nous poserions simplement ces questions :

Croyez-vous que nos concitoyens et contribuables tolèrent longtemps vos agissements politiques qui consistent à dilapider l’argent public aux mains d’une multinationale du BTP cotée en bourse avec pour seule justification actuelle le fait que le projet soit acté antérieurement ?!
Car, au final, réévalué sur des bases correctes, le projet de l’aéroport de Notre-Dame des Landes représente un coût pour la collectivité qui pourrait se chiffrer à plus de 600 millions d’euros ! Et tout cela sur fond de crise économique qui fragilise encore les plus défavorisés !
Pensez-vous que nos concitoyens ne soient pas vigilants quant aux dépenses au sein de leur ménage, sans parler de les ponctionner tous les ans un peu plus pour financer VINCI et ses actionnaires, parce que l’aéroport ne sera pas rentable !

Ce projet, est déstructurant pour l’agriculture : 2000 hectares seraient impactés, une cinquantaine d’exploitations disparaîtraient, une centaine d’emplois agricoles directs seraient détruits et plusieurs centaines indirectement, sans compter les réseaux d’entraide ! Citons aussi le bocage unique et les ressources écologiques locales indéniables !
Au nom d’une agriculture durable et de proximité,  cessez immédiatement ce projet !

Pour défendre les populations et leur territoire, pour lutter  contre ce projet qui serait un formidable gâchis, actuellement, 3 personnes font la grève de la faim.
Elles font chaque jour un peu plus mal à leur corps comme vous pourriez faire mal à leur bocage ! Nous vous invitons à les rencontrer.
Nous vous sollicitons, à tout moment, dans un esprit de dialogue et de concertation, à prendre acte des demandes des citoyens et des élus qui sont :
– l’abrogation de la Déclaration d’Utilité Publique.
– l’arrêt immédiat des procédures d’expropriations.

Nous vous invitons également sur le terrain, à rencontrer les habitants et paysans de Notre-Dame des Landes qui militent pour la sauvegarde de leur habitat préservé, calme et paisible, d’une valeur inestimable :

MONSIEUR LE PRESIDENT,

IL EST ENCORE TEMPS D’Y RENONCER POUR QUE L’HUMAIN SOIT AU CŒUR DU BOCAGE LANDAIS !

Ghislain MAILLARD, conseiller municipal et paysan peut-être encore en devenir ?
Marie-Claude JOCHAUD, adjointe

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