Reponse des élus de gauche du conseil municipal de Héric

Elus de Gauche
Du Conseil Municipal de la Commune de HERIC
elus.gauche.heric@gmail.com

Lettre ouverte à :

Monsieur Philippe GROSVALET
Président du Conseil Général
Hôtel du département
3 quai Ceineray-BP 94 109
44 000 Nantes

Héric le 19/3/2012

Monsieur le Président,

Nous souhaitons réagir à votre courrier du 12 mars 2012, vous apporter des éléments
de réponse et vous interpeller sur le caractère violent de décisions.

Tout  d’abord,  il  convient  de  vous  indiquer  que  nous  condamnons  tous  les  actes  de
violence commis sur des personnes. La dégradation des biens mentionnée dans votre
courrier  nous  semble  contre  productive.  Quelles  que  soient  les  personnes  qui  ont
commis  ces  dégradations,  ces  actes  ne  sont  pas  acceptables.  Des  témoignages  nous
amènent à vous encourager à ne pas rechercher des coupables uniquement du côté des
opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

Vous semblez assimiler les occupations de maisons vides à des actes de violence. Si
tel est le cas, nous ne partageons pas votre point de vue. Les mouvements de résistance
ne sont pas par définition des actes violents.  D’une manière générale, les mouvements
de  résistance  permettent  de  faire  progresser  la  démocratie  et  des  causes  justes.  Ces
actions  permettent  d’interpeller  l’opinion,  d’amener  le  pouvoir  à  s’interroger  sur  la
pertinence et la légitimité de ses décisions.

Au-delà  des  faits  mentionnés  dans  votre  courrier,  nous  souhaitons  connaître  votre
point de vue sur le caractère violent de décisions.

Alors qu’il manque 800 000 logements en France, que plus de 10 000 familles vont
être  expulsées  après  la  « trêve »  hivernale  de  2012,  la  pose  de  blocs  de  béton  pour
supprimer l’accès à des logements vides n’est-il pas un acte de violence ?

Alors  que  le  foncier  manque  pour  produire  des  denrées  alimentaires,  l’expulsion
d’agriculteurs de leur exploitation et de leur terre n’est-il pas un acte violent ?

Alors  que  la  crise  économique  a  des  conséquences  considérables  pour  les  plus
défavorisés,  le  versement  de  subventions  à  une  entreprise  du  CAC40  (VINCI)  au
détriment d’actions sociales n’est-il pas un acte violent ?
Que pouvons-nous faire ? Que pouvez-vous faire pour sortir de cette impasse ?

Nous pensons que l’intervention des forces de l’ordre que vous mentionnez dans votre
courrier, n’est pas une solution.

De plus, nous trouvons regrettable de vous voir manifester un sentiment de défiance
vis-à-vis d’élus qui ont un point de vue différent du votre. Notre opposition au projet
de  création  d’un  aéroport  semble  dans  vos  propos  assimilée  à  un  manque  de
responsabilités.  Sachez  que  nous  considérons  notre  engagement  contre  ce  projet
comme un acte nécessaire et responsable.

Nous vous encourageons à rétablir le dialogue avec les opposants au projet. Nous ne
comprenons  pas  les  raisons  qui  vous  amènent  à  ne  pas  répondre  aux  courriers
transmis, à empêcher l’expression des élus,  à refuser l’échange d’arguments.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations respectueuses.

Cécile JUIN-RIALLAND
Jean Luc GAYET
Annie LEBERRE
Clarisse MITARD
Benoît RUBIN

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