10 jours de résistance et de défense de la Chataigne.

 


Après deux semaines de construction, il est indispensable de continuer à
ne pas se laisser faire :

ateliers, barricades, penser des stratégies pour défendre le lieu et
reprendre pied sur la zone, il reste beaucoup à faire !

Il est toujours possible de se rendre sur site, nous n’allons pas céder
à la pression policière et à l’occupation actuelle de la zone. Les
constructions continuent, l’énergie est toujours au rendez vous. Plus
que jamais il est indispensable de faire vivre ce lieu. Ne nous laissons
pas enfumer par leurs promesses de négociation, c’est sur le terrain que
la lutte se joue, pas dans les salons de Matignon.

Plus d’infos tout bientôt !

PS il reste encore beaucoup d’autres lieux sur la ZAD et l’occupation
continue ailleurs. De nombreux autres chantiers sont en cours !!!

Appel des Chats Teigneux

(depuis la Châtaigneraie, la Châtaigne, la Castagne, Premier Presidio,
les Souches, le Kyste)

Le 17 novembre, 40.000 personnes, très diverses et déterminées, se sont
rassemblées sur la ZAD pour reconstruire. Un geste de riposte après un
mois d’expulsion, de destruction et de résistance. Depuis, le mouvement
n’a jamais cessé de s’amplifier.

L’opération César, pour ce qui est de vider la zone de ses habitants, a
échoué lamentablement. Nous sommes tristes de nos maisons détruites, de
nos amis blessés, de nos camarades emprisonnés. La colère a rempli les
bocages et nous n’avons jamais été aussi nombreux, la ZAD n’a jamais été
aussi vivante. Malgré les tentatives de division, la réoccupation a
engendré des complicités fortes et inédites, qui ne demandent qu’à
s’intensifier. Un nouveau lieu est né.

Dans ce nouveau lieu de réoccupation, des collectifs d’ici et d’ailleurs
ont construit un village : une manufacture, une NO TAVerne, une salle
commune, une cuisine collective, deux dortoirs, une infirmerie et un
black-block sanitaire avec baignoire chauffante. En trois jours, tous
ces bâtiments sont sortis de terre grâce à la joie d’être là tous
ensemble, à se donner les moyens de la lutte dès maintenant et pour les
temps à venir. Planter un clou participe du même mouvement que défendre
une barricade, empêcher les arbres de la Forêt de Rohanne de tomber,
être 8.000 devant une préfecture, saboter Vinci et le PS ou ravitailler
en nourriture et en matériel.

Après une semaine de vie et de construction, la Castagne a été occupée,
pillée et saccagée par la flicaille. Mais on n’éteint pas un volcan à
coup de Manitou. Ce soir, la Castagne est plus belle que jamais : 45
tracteurs enchaînés la défendent, plusieurs centaines de personnes se
déchainent à renforcer des barricades, à reconstruire et ravitailler. La
procédure d’expulsion a été précipitée pour ce terrain prêté par un
paysan, il appartiendrait désormais à Vinci. Chaque retrait des flics,
chaque recours juridique posé, c’est du temps de gagné pour organiser la
vie et la défense des lieux. Nous en sommes là. Et, dès le 5 décembre,
la démolition de la Châtaigne pourrait être permise.

De notre côté, nous avons une autre vision de ce qui se passe ici. Le
terme sécession, utilisé pour rebaptiser les routes barricadées
« secession road », prend un sens bien concret désormais. Tout ce que
notre enfance a rêvé, que l’organisation de la société avait brisé ou
entravé, se trouve ici ravivé. Quand le gouvernement a rasé des maisons,

détruit des cabanes dans les arbres et des potagers, il a suscité une
rage profonde, qui vient de loin. Briser un rêve et des racines est la
plus grande injure, mais en même temps a été brisé le carcan qui nous
paralysait. Depuis lors, les jeux de la vie sont à l’¦uvre dans la
construction et la reconstruction des maisons et des barricades dont les
formes s’inspirent de nos jeux d’enfants : pont-levi, check point,
piège… avec tous les prolongements nécessités par le soulèvement en
cours.

Malgré la violence et la peur, les moments de joie sont précieux et
nombreux ; un duo de saxo et d’accordéon joue sur le toit de la salle de
réunion, douceur ravageuse des symphonies pour danseuses et
tronçonneuse. A chaque fois, c’est spontanément que les uns et les
autres transportent les voliges, les taules et les palettes. C’est comme
si le travail n’existait plus. On ne se sent plus obligé de quoi que ce
soit, c’est autre chose, d’une substance plus magique, qui nous rend
notre souffle. Il est de coutume que l’argent ne fait pas force de loi
entre les habitants. Aujourd’hui, dans un village aux allures de petite
cité de chercheurs d’or, certains paysans et occupants discutent de
collectiviser les terres. Ces nouveaux usages de la zone nous portent
déjà au-delà de cette histoire d’aéroport. Nous voulons amplifier ce
mouvement de sécession. L’occupation de la Châtaigneraie en est une
base. Quand on dit « Tout est possible ! », croyez-le.

C’est pourquoi nous appelons à dix jours de résistance du 4 au 15
décembre à la Châtaigne. Pour amplifier nos rêves d’enfants, renforcer
et défendre les lieux, imaginer ensemble comment continuer à habiter ce
vaste territoire, reprenons les routes et les champs, les forêts et le
bocage. Ensemble, empêchons la présence et la pression de la police.
Nous ne voulons plus les voir diriger nos déplacements, nos faits et
gestes. Nous ne voulons plus être contrôlés. Soyons nombreux à les
chasser, soyons nombreux à être indomptables, que Notre-Dame-des-Landes
devienne leur calvaire. Nous savons aussi que la force des vendredi 23
et samedi 24 novembre tient à la réactivité des comités de soutien de
toute la France. C’est pourquoi cette semaine de résistance doit aussi
être l’occasion que partout aient lieu des actions d’occupation, de
blocage, de sabotage, etc. On sait déjà qu’il ne s’agit plus de soutien.
Chaque geste est un moment de vie partagé entre ici et là. Que se
répande l’esprit de la ZAD dans les métropoles. Ces dix jours de
résistance se continueront les 15 et 16 décembre (rassemblement des
comités et collectifs impliqués dans la lutte – voir l’appel sur le site
zad.nadir.org). Ce sera l’occasion d’organiser les présences sur ce
lieu. Nous appelons à venir avec des propositions. Des idées surgissent
déjà : des moments d’ateliers (forge, vélo, radio, cartographie,
menuiserie…), des semaines de chantier, des discussions thématiques,
des rendez-vous réguliers rejoignables. D’ores et déjà, nous vous
invitons à venir manger, cuisiner et discuter tous les midis.

Étonnamment, envisageons la victoire et pensons à l’avenir sans
l’aéroport.

Vinci et l’État veulent nous dégager, mais il ne sortira d’ici que la
joie, la résistance et la révolte vécues ces dernières semaines pour

déferler sur ce monde.

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