Aéroport de Nantes : «Cibler Ayrault est scandaleux»

1 novembre 2012 à 22:36 (Mis à jour: 2 novembre 2012 à 08:13)
Des gendarmes participent à une opération d'évacuation de militants opposés au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 30 octobre 2012

Des gendarmes participent à une opération d’évacuation de militants opposés au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 30 octobre 2012 (Photo Jean-Sebastien Evrard. AFP)

INTERVIEW Notre-Dame-des-Landes. Pour Jacques Auxiette, président (PS) des Pays-de-la-Loire, les opposants n’ont plus de recours juridiques.

Par ELIANE PATRIARCA

Quinze jours après le début des expulsions et des affrontements entre forces de l’ordre et opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), Cécile Duflot, ministre du Logement et ex-responsable d’Europe Ecologie-les Verts, a fini par réagir. Mardi, sur RTL, elle a évoqué «un désaccord, ancien et acté» avec le Premier ministre, et a déploré «la répression» policière. «Des propos irresponsables», tacle le président (PS) de la région Pays-de-la-Loire, Jacques Auxiette, qui appelle à la mise en œuvre des décisions de justice.

Comment pouvez-vous affirmer que le projet ne peut plus être abandonné ?

Contrairement à ce que laissent croire certains opposants, la décision du Conseil d’Etat de juillet a mis fin à tous les recours sur la création de l’aéroport. La déclaration d’utilité publique date de 2008, et les procédures juridiques qui demeurent ne concernent plus que l’application de la loi sur l’eau ou les expropriations. Je précise que 88% des 1 239 hectares nécessaires ont été acquis à l’amiable. D’ailleurs, c’est bien parce que plus aucune action en justice ne peut remettre en cause la réalisation du projet, que seule une décision politique pourrait changer la donne, que les opposants ciblent désormais Jean-Marc Ayrault.

Mais n’est-ce pas «le» projet de l’ancien député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault ?

Faire du Premier ministre le seul responsable du projet, c’est scandaleux ! Le Syndicat aéroportuaire, que je préside, regroupe les 22 collectivités concernées, dont les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire, les départements de Loire-Atlantique, de Vendée, du Maine-et-Loire, les villes de Nantes, Rennes… Les élus qui les représentent, de toutes familles politiques, ont tous considéré qu’il était de leur responsabilité, en matière d’aménagement du territoire, que l’ouest de l’Europe soit relié à l’ensemble des capitales européennes. Compte tenu des prévisions de trafic (4 millions de voyageurs à l’ouverture en 2017, 9 millions en 2050), ils ont aussi jugé que cet aéroport serait un levier essentiel du développement économique, de l’activité industrielle et de l’emploi.

Sur le terrain, la contestation se durcit et les affrontements sont parfois violents…

Je condamne les exactions et violences actuelles, et je défends l’Etat lorsqu’il exécute des décisions de justice qui n’ont rien à voir avec les occupants de longue date. Ne confondez pas les riverains et agriculteurs concernés par des expropriations et les professionnels de la guérilla urbaine installés sur le site depuis trois ans ! Lors de la grève de la faim de deux agriculteurs au printemps, nous avons acté, dans un accord politique, qu’il n’y aurait aucune expulsion avant la fin des recours contre les expropriations. Mais les opposants historiques doivent assumer le fait que les activistes et occupants illégaux ont été explicitement exclus de cet accord, avec l’assentiment de tous.

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