Lendemain désabusé de conférence d’État

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Lendemain désabusé de conférence d’État

Publié le 15 septembre 2012

 Je suis tellement saoulé par ce lendemain de Conférence environnementale que je n’ai pas le goût de commenter. Les journaux, à commencer par celui qu’on présente comme le meilleur, Le Monde, les écologistes officiels, et bien entendu les socialos de service, tout le monde s’esbaudit. C’est merveilleux, c’est extraordinaire, c’est historique. Les rares mesures annoncées ne pourront être jugées que vers la fin du quinquennat Hollande, comme la rénovation thermique des logements. Le reste n’est que grossière manipulation. Les gaz de schiste ? J’ai déjà expliqué ce qui se cache derrière l’abandon des permis délivrés. Piégés par leur précipitation – la loi de juillet 2011 -, les socialistes ne pouvaient sans crise politique permettre l’exploitation par la fracturation hydraulique. Mais ils présentent cela comme une grande nouvelle. Sans aucun doute, Hollande a de bons « communicants ».

Le reste est encore plus scandaleux. Rien sur le nucléaire, sinon la fermeture déjà promise d’une centrale en 2016 ! Dire qu’un Yannick Jadot s’en contente ! Rien sur la santé publique, pourtant dévastée par la chimie de synthèse. Rien sur les pesticides, pour cause, étant donné le deal passé avec Beulin et la FNSEA. Rien sur les biocarburants, évidemment, qui affament un peu plus les vrais pauvres du monde. En somme, la même farce cruelle qu’avec le Grenelle de l’Environnement, en 2007. Tous ceux qui applaudissent gardent et garderont leur strapontin, ici ou là. Et comme je ne crois pas dans une justice immanente, je sais qu’ils passeront à travers les gouttes et continueront de se pavaner. Bon, je crois sincèrement que je m’en fous, compte tenu des enjeux dramatiques de la crise.

Si je devais décerner la médaille du ridicule, elle irait sans aucun doute à Cécile Duflot, dont vous lirez ci-dessous la réaction enamourée. Le pire, ce me semble, c’est qu’elle paraît sincère.

Les Echos

Cécile Duflot salue le discours «historique» de François à la conférence environnementale

 

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Réactions d’ONG, de syndicalistes et d’élus après le discours de François Hollande en ouverture de la conférence environnementale, vendredi à Paris.

Cécile Duflot salue le discours «historique» de François à la conférence environnementale

Cécile Duflot, la ministre du Logement, ancienne secrétaire nationale de EELV (Europe-Ecologie-les-Verts), a estimé sur son compte Twitter que le discours de François Hollande, lors de la conférence environnementale« est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste »

 

 

Jean-François Julliard, directeur exécutif de Greenpeace-France : « Il y a une ambition, de bonnes directions, mais encore beaucoup de points d’interrogation. On a le sentiment d’avoir été écoutés. La date de 2016 pour fermer Fessenheim, pour nous c’est trop tard, mais au moins il y a une date. Sur le rejet des permis d’exploration des gaz de schiste, ce qu’on aimerait comprendre maintenant, c’est: est-ce que cela veut dire qu’il n’y aura aucun permis donné pour explorer des hydrocarbures non conventionnels (principalement gaz et huiles de schiste) pendant le quinquennat? ».

 

 

Bruno Genty, président de France Nature Environnement : « Le discours trace un cap et fait preuve d’une volonté politique pour réussir la transition écologique. Au-delà, se pose la question des moyens dont on va pouvoir bénéficier pour réussir cette transition. Un satisfecit donc sur la vision et sur un certain nombre d’engagements comme sur les gaz de schiste, mais des questions sur comment on va faire, avec quels moyens et quel agenda ».

Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot : « Il y eu des déclarations à la hauteur des enjeux notamment le fait que, comme le président Obama l’a fait, le président français a dit que la crise écologique ce n’est pas un mythe ou une opinion mais un fait scientifique; c’est bien de l’entendre, parce que je ne crois pas que chacun soit convaincu que cette crise est majeure. Sur les gaz de schiste, en l’état des conséquences environnementales et sanitaires de l’utilisation des gaz et pétroles de schiste, il aurait été impensable d’ouvrir la boîte de Pandore. »

Christophe Aubel (Humanité et biodiversité) : « J’ai un sentiment positif car en matière de biodiversité, un cap est donné. Notamment avec l’annonce de la création de l’Agence de la biodiversité, qui est une manière d’entrer dans l’action. Il reste des décisions très concrètes à prendre et j’espère que le discours du Premier ministre en sera l’occasion ».

Laurence Parisot (Medef)  : « Ce qui nous préoccupe, c’est que le président a mis de côté, ou en tous les cas s’est très peu exprimé, sur le modèle économique qui peut aller avec les objectifs qu’il a fixés’. Le président a semblé fermer complètement la porte, pas simplement à l’exploitation des gaz de schiste mais au débat sur le sujet. Cela me semble contraire à l’esprit de débat (…) et contraire à l’idée de progrès ».

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : « Lorsque le président prend l’engagement d’un million de logements aux nouvelles normes énergétiques, nous disons banco, mais nous n’avons pas les moyens humains, financiers, pour former et recruter des professionnels dans ce domaine; cela nécessite de prendre de fortes mesures immédiatement pour que cela puisse être le cas; sinon on risque d’avoir un constat d’échec le moment venu par rapport à un objectif politique annoncé. »

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT : « On doit ouvrir le débat public (sur la transition énergétique). Dans ce contexte, la décision de fermer Fessenheim en 2016, c’est peut être une décision prématurée. C’est après le débat qu’on doit décider quelle centrale on doit fermer, si on doit en fermer une ».

Yannick Jadotdéputé européen EELV : « C’était un beau discours qui fixe clairement un cap de transition écologique. On attendait de mettre de côté sérieusement les gaz de schiste, de mettre la priorité sur les économies d’énergie et de relancer les énergies renouvelables. On ne ferme pas Fessenheim comme on ferme une boulangerie. Si Fessenheim est totalement fermée en 2016, ça ira… »

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